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La douleur physique du rejet

10/15/2003

"Si vous avez líimpression díavoir reÁu un coup ý la poitrine ý la suite díune rupture amoureuse, cíest peut-Ítre parce que cette douleur est bien rÈelle.

Dans une Ètude publiÈe dans la revue Science du 10 octobre, des chercheurs de líUniversitÈ de Californie ý Los Angeles (UCLA) ont dÈcouvert que les douleurs Èmotionnelles et physiques peuvent stimuler les mÍmes parties du cerveau.

Treize participants Ètaient reliÈs ý un appareil díimagerie par rÈsonance magnÈtique fonctionnelle (IRMf) pendant quíils jouaient au jeu vidÈo Cyberball. LíIRMf surveillait le flux sanguin dans les diffÈrentes parties du cerveau.

LíexpÈrience comportait trois scÈnarios. Dans le premier, on disait aux participants quíils ne pouvaient pas jouer, mais seulement regarder, et ce, ý cause de problËmes techniques (exclusion accidentelle). Dans le deuxiËme scÈnario, les participants pouvaient jouer avec deux autres ´ joueurs ª (en fait, contre líordinateur). Le dernier scÈnario voulait que les deux premiers joueurs se lancent la balle, excluant intentionnellement le troisiËme participant.

´ Les humains ont besoin de diverses choses pour survivre. Celles auxquelles nous pensons ont en gÈnÈral pour but de nous Èviter les blessures physiques ª, mentionne líauteur en chef de líÈtude, Matthew Lieberman, professeur adjoint de psychologie ý la UCLA. ´ Chez les humains et les mammifËres en gÈnÈral, les rapports sociaux sont tout aussi importants. Il est plus probable de mourir des suites díune exclusion sociale que de douleur physique ª, ajoute líauteure principale de cet article, Naomi Eisenberger, Ètudiante diplÙmÈe de la UCLA.

´ Nous croyons que cette partie du cerveau fonctionne comme un signal díalarme, avertissant la partie consciente, logique et volontaire du cerveau de síattarder ý un certain problËme ª, explique M. Lieberman.

´ Nous avons tendance ý penser que les douleurs sociales ne sont pas aussi rÈelles que les douleurs physiques ª, poursuit-il. ´ Cette Ètude suggËre du moins que la douleur sociale níest pas que le fruit de líimagination, quíelle est bien ancrÈe dans le processus profond de líÈvolution et que cíest un ÈlÈment crucial de survie chez líenfant. Díun point de vue purement objectif, cette alarme níest peut-Ítre pas essentielle ý la survie des adultes, mais comme nous avons ÈvoluÈ, nous ne nous sentons vraiment pas bien quand elle est dÈclenchÈe. ª